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samedi 6 mars 2010

Un homme sur trois après 40 ans a des problèmes d’érection…



Je ne sais pas vous, mais le message que l’on nous rabâche, tous les jours, plusieurs fois par jour, à la radio notamment, commence à sérieusement me gonfler. « Aujourd’hui, après 40 ans, un homme sur trois a des problèmes d’érection. Il y a des solutions. Parlez-en à votre médecin », ben voyons.

D'abord, c’est quoi ce truc ? Une publicité pour un médicament antie-panne sexuelle, ou un message du gouvernement ? C’est un peu comme le Canada dry, la couleur d’un message du Ministère de la Santé, mais en fait une bonne vieille pub. Je ne suis pas a priori contre la publicité (bien que le monde qu’elle nous propose impose, ne soit pas celui dont je rêve), mais la pub me pose problème quand elle avance masquée, pour en plus nous raconter des conneries. Pourquoi s’embarrasser d’éthique, surtout quand il s’agit du domaine de la santé. Je vous le demande !!!

Vous êtes malade, il faut vous faire soigner, et enrichir l’industrie pharmaceutique !


Ainsi l’air de rien, sur le ton du bon conseil – d’un ami qui vous veut du bien – on vous endort en sous-entendant que si vous ne parvenez plus à bander messieurs, c’est que vous êtes malade, que grâce à une petite pilule tout rentrera dans l’ordre. Une pilule de plus, contre le mensonge cette fois. Après la pilule contre le mauvais cholestérol, mais qui ne touche pas au bon, celle pour faire monter ou chuter la tension, celle pour ceci, celle pour cela, etc. Voici, voilà, celle qui vous fera bander dans toutes les situations, même la plus extrême, la plus courante, celle qui se joue avec votre partenaire. Bêtise grasse. Le problème, ou plutôt le véritable coupable, c’est votre partenaire, responsable oui, mais pas coupable, je suis pour la paix des ménages.

À 40 ans, après plusieurs années de mariage ou de vie commune, votre partenaire ne vous excite plus, en tout cas plus assez pour vous vous faire bander, vous en avez fait le tour, sexuellement. Mais non vous n’avez pas besoin d’une pilule pour bander tout-terrain, vous avez juste besoin d’un nouveau partenaire ! Bon OK, je fais court, mais c’est pourtant bien la raison majeure de votre manque de virilité. Croyez-moi, mais vous le savez sûrement aussi, il y a bien un domaine ou on ne peut pas se raconter de salades, c’est le cul, enfin la bite pour être plus juste.

Plongez dans la vraie vie, celle d’où parfois on ne revient pas indemne, flirtez, touchez, couchez, baisez !


Alors messieurs, au lieu de vouloir rentrer dans le moule conventionnel et réducteur que l’on vous propose, au lieu de financiariser vos futurs rapports sexuels, un seul remède : éclatez-vous… Allez-y, plongez dans le grand bain, celui où vous n’avez pas pied, celui qui vous fait un peu peur. Dites oui à vos fantasmes. Plongez dans la vraie vie, celle d’où parfois on ne revient pas indemne, flirtez, touchez, couchez, baisez ! Et pourquoi pas bouffer de la bite ? Et pourquoi pas se faire toucher le trou du cul ? Et alors bye bye vos problèmes d’érection, dans le passé ils resteront.

Rien ne vous empêche de chasser (et plus si affinité) avec votre moitié. Si ? Alors, vous êtes perdu, je ne peux rien pour vous, prenez cette pilule. Choisissez le traitement, les feuilles de soins, les remboursements de la sécurité sociale, les compléments mutuelle… Pour faire court et simple, faites comme si vous étiez malades et dites NON à la vraie vie, celle (la seule) qui vaut le coup d’être vécue.

vendredi 9 octobre 2009

Le Bonobo alias le Singe Kamasoutra



Connaissiez-vous les bonobos, les singes bonobos ? Personnellement, je ne connaissais pas. Cependant, le mot « bonobo » m’évoquait le nom d’un bar, et plus particulièrement le patron du bar en question… Lorsque nous habitions Paris, il y avait ce bar dans le quartier, le Bonobos Café, avec mon mec à l’époque nous aimions y boire un verre de temps en temps. Le patron était plutôt sexy, et il était particulièrement sympathique à notre endroit, nous avions pris cela pour une posture commerciale, sans plus… Était-ce une erreur d’interprétation de notre part ?

Lola Ya Bonobo : le paradis des bonobos


Bref, il y a quelques jours, je tombe par hasard sur l’émission Continent Science sur France Cul1, une rediffusion avec une invitée spécialiste des bonobos… Il s’agit de Claudine André, Belge de naissance, mais Congolaise d'adoption, elle nous parle d'une voix douce et calme du sauvetage (toujours en cours) des bonobos, mais aussi de ce qu'ils sont et de comment ils vivent dans leur communauté. C’est ce dernier point qui m’a beaucoup intéressé. Hum, hum, hum…

Claudine André nous explique « Les bonobos sont des grands singes qui ressemblent aux chimpanzés, mais ce qui frappe d'amblé, c'est qu’à la différence des autres grands singes qui évitent les regards, ou même peuvent prendre cela pour de l’agressivité (Gorilles), les bonobos, eux, nous regardent dans les yeux, je dirais même parfois au fond de l'âme, au fond des yeux, vraiment très profondément, ils vous cherchent dans les yeux. Le bonobo est plus élancé, plus élégant, moins rustique que son cousin le Chimpanzé. »

« Le bonobo ne veut pas vivre sans amour, si petit bonobo perds sa mère, avec laquelle il reste cinq ans, et bien il se laisse mourir. Afin de les sauver, Claudine André doit leur trouver des mamans de substitutions. »

« Vous voyez toutes les positions du Kamasoutra »


L’interview est prolongée par une visite du parc des bonobos, Claudine André commente « Vous voyez toutes les positions, toutes les positions du Kamasoutra (…) ils nous en apprennent tous les jours. » À la radio, évidemment, nous ne voyons pas la scène, en revanche nous avons droit à un fond sonore riche et tout à fait explicite, composé de petits bruits de bonheur, de halètements lubriques et de ce que nous devinons être des orgasmes à nous rendre envieux.

À un moment, un des soigneurs apporte de la nourriture, Claudine André, nous précise que « lors des repas la tension monte dans le groupe, pas une grande tension, mais comme la distribution de la nourriture est importante, les bonobos vont devoir négocier, c’est-à-dire faire l’amour ! Tout le monde s’accouple, et vous allez tout voir, et d’ailleurs parfois c’est très gênant, vous voyez des pénétrations normales, comme les humains, ou par l’arrière, vous voyez des sodomies entres mâles, entres femelles, vous voyez de la masturbation pure, et puis tout ce que vous pouvez imaginer dans la sexualité humaine… Et même des fellations, du cunnilingus, tout se que voulez, ils sont là, ils sont prêt à tout, les singes Kamasoutra. »

Juste une petite précision au sujet du Bonobo Café… en plus d’y boire, on y mange aussi ! Amusant non ?

« Le modèle des autres singes c’est : un mâle, des femelles et des petits… Le bonobo, ce n’est pas du tout ça. C’est une alliance de femelles qui gèrent l’agressivité des mâles, mais c’est une société très égalitaire, soit les femelles interviennent, toutes ensembles, pour calmer un mâle qui s’excite un peu trop au sein du groupe, sinon c’est le sexe qui gère les tensions dans le groupe. Nous n’avons jamais vu un bonobo tuer un autre bonobo, parce qu’ils anticipent et désamorcent les tensions à venir, par de nombreux contacts sexuels. Grâce au sexe, il règne toujours une harmonie latente dans les groupes de bonobos. »

Je vous le disais que c’était intéressant cette émission. Quelques leçons à tirer, non ?

« Les Bonobos adorent les French Kiss, avec la langue »


Dans un rire Claudine André ajoute « Les Bonobos adorent les French Kiss, avec la langue, même envers leur soigneur ! Il faut toujours faire attention, car ils approchent de vous, et presque par surprise ils vous roulent un patin. Mais ils ne recherchent pas spécialement le contact sexuel avec tout ce qui bouge, ils sont équilibrés. Mais c’est étonnant d’intelligence la façon dont ils gèrent les problèmes, ils veulent arriver a leur fin, avec un système dont le sexe fait partie. C’est un langage de paix pour eux, ils sont de grands pacifistes, donc ils l’utilisent énormément, sans distinctions, entre mâles, entre femelles entre un grand mâle et une petite femelle… »

« Il y a deux grandes raisons pour lesquelles les bonobos sont pacifiques : ils n’ont pas de territoire à défendre et ils n’ont pas de propriété sexuelle. C’est un peu le hippie de la forêt, dont la devise serait faites l’amour, mais pas la guerre. »

Hallucinant ! Cette idée au sujet de la propriété, génératrice de problèmes (dont personne ou presque ne parle), rejoint mon précédent billet d’humeur

« Les bonobos sont notamment des adeptes de la position de la levrette, face à face, ils se regardent, se sourient, ont peu même entendre de petits cris de jouissance… Ils sont bien dotés pour le plaisir, pour aller à l’orgasme… Le bonobo mâle serait le mieux équipé des grands singes. »

« Ils partagent tout, la nourriture bien sûre, mais aussi le sexe, ils ont aussi des amitiés, des affinités avec certains plus qu’avec d’autres, mais pour ce qui est du sexe, ils négocient avec tous de la même façon. Les autres singes peuvent partir en guerre, tuer leurs congénères, mais le bonobo est un grand négociateur, le bonobo c’est surtout pas la guerre. »

« Les Chimpanzés tuent systématiquement les males réintroduits et donnent une chance a certaines femelles, avec les bonobos c’est juste une grande sexe-partie»

1. Continent Science, France Culture, Sauver les Bonobos (Rediffusion du 02/05/2006)

dimanche 30 août 2009

La Révolution Sexuelle et la Camaraderie Amoureuse


Michel Onfray, dans sa chronique « Diogène & Co » publiée dans Siné Hebdo1, nous parle d’Émile Armand qui « théorise l’individualisme anarchiste et la libération sexuelle2. [E. Armand] se place sous le signe de Nietzsche pour critiquer la morale sexuelle dominante : monogamie, mariage, fidélité, cohabitation, procréation et autres machines destinées à calmer les ardeurs sexuelles dionysiaques en les faisant entrer de force dans des prisons pour lesquelles elles ne sont pas faites. »

Prisons pour lesquelles elles ne sont pas faites, comme je comprends cet homme !

« Pourquoi sommes-nous passionnément amoureux d’une personne qui, d’un seul coup d’un seul, devient notre unique objet de haine des qu’elle nous signale qu’elle a passé l’après-midi dans les bras d’un autre ou les deux auront eu du plaisir sans qu’il aille d’autre chose que de l’échange d’un jour ? Pour quelles raisons la haine, devenue violence verbale, mentale, morale, physique, surgit-elle alors que nous devrions aimer le plaisir de celui ou celle qu’on aime ? À cause de la jalousie, qui est sentiment de propriétaire dont il faut se défaire parce que, comme dirait l’autre c’est du vol ! »

Sans vouloir me mesurer à ces deux auteurs, cette question de la jalousie, je me la suis déjà posée. En effet, je ne me l’explique pas, est-ce que les jaloux nous parlent d’amours ? Je présentais que non, j’apprends aujourd’hui qu’il ne s’agit que d’un sentiment de propriété, et qu’en plus c’est du vol !

« La famille ? Il faut l’abolir, car cet « État en petit » coagule l’exclusivisme et interdit la création de relations de sociabilité hédonistes. À la place, il faut une relation contractuelle ou seul le plaisir fait la loi. Ce contrat hédoniste peut se mettre en réseau dans un genre de coopératives sexuelles, qui luttent concrètement contre une sexualité soumise aux logiques du marché libéral : contre la propriété privée de la libido. »

Abolir la famille ? C’est en cours cher Émile ! Il suffit de regarder autour de soi toutes ces « familles » recomposées… Et il me semble de ma fenêtre que les gens la vivent de mieux en mieux cette famille multiforme. En espérant qu’on laisse les mômes prendre ce qu’ils veulent, ou ils veulent, s’ils veulent, sans leur coller une image de supposées victimes sans un pôpa et une môman.

« L’Émile propose une libération de toutes les fantaisies, dont le fétichisme et le sado-masochisme, l’homosexualité et le transformisme (en 1930 !). Il célèbre les associations les plus fantasques pourvu qu’elles s’effectuent dans le consentement. »

Le consentement est la règle, évidemment. Merci Émile et merci Michel de nous avoir présenté votre ami.


1. Siné Hebdo no 49 - 12 aout 2009, chez tous les bons marchands de journaux !
2. Armand Emile, La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, réédité aux éditions La Découverte.

mardi 11 août 2009

Portrait Chinois


J’adore apprendre des choses personnelles sur les blogueurs que je lis. Sans vous révéler d’informations confidentielles, je me suis prêté au jeu du Portrait Chinois, histoire de lâcher quelques infos qui vous permettront de me connaître un peu mieux, en satisfaisant votre curiosité (qui n’est pas un vilain défaut ;-).




Si j’étais une personnalité


Christian Lacroix pour les plus « coutures » de mes amis, Pascal Obispo pour ceux qui écoutent ce type de musique, et enfin Fabien Barthez (le footballeur) pour les plus beaufs d’entre eux. Ces derniers ont bien évidemment totalement tort :-)).

J’aime beaucoup Christian Lacroix, le voir et aussi l’entendre parler. J’ai complètement flashé sur beaucoup de ses modèles, pour leurs styles extrêmement féminins et puis les juxtapositions de couleurs, du rouge, de l’orange, du violet… C’est d’une élégance folle, une élégance de lumière. J'aime tellement la lumière.

J’ai une cravate de lui. Immettable !




Si j’étais une musique


En ce moment (et depuis un moment !), la musique du film Solaris écrite par Cliff Martinez. Il s’agit du remake de 2003 par Steven Soderbergh avec George Clooney et Natascha McElhone.

Cette musique est « pla-nan-te », elle produit sur moi un quasi-état de transe, il me semble que la mélodie affecte directement mon inconscient sans passer par la casse réflexion. Il est vrai que j’ai adoré le film pour la même raison, cette histoire raisonne en moi d’une façon un peu troublante. Vous allez peut-être me trouver morbide (ce que je ne suis pas du tout), mais retrouver des personnes décédées, des êtres chers, leur parler, les toucher comme si elles étaient toujours avec nous, n’est-ce pas un vieux rêve humain ? Un peu comme celui de pouvoir voler ?




Si j’étais un film


Mort à Venise de Visconti (petit nom Luchino). Ce film est dingue, énorme.

Il ne s’y passe presque rien, quasiment que du silence et pourtant ce que vit Dirk Bogarde est bouleversant. Malgré son intelligence et sa culture, son personnage ne sera pas en mesure d’appréhender ce qui lui arrive. Analphabète des sentiments humains, il se perdra dans les interdits et autre cul-de-sac de sa conscience. Face à des sentiments trop grands pour lui, cet homme va péter les plombs, étouffé par les conventions, par l’inhibition de son propre conformisme. Même si inconsciemment, Bogarde pense se protéger en enfouissant tout ça très profondément, là où lui-même ne pourra plus rien retrouver. Il va devenir fou puis mourir, conditionné depuis l’enfance à ne pas accepter la nature de ses sentiments, formaté par la morale de l’époque. Être accepter par les siens, ou par soi pour vivre sa différence, il finira par crever de ne pas faire de choix, à force de se nier à ce point.




Si j’étais une pièce de théâtre


Tartuffe de Molière. Bon, je passe vite sur l’aspect religieux, pourtant essentiel dans la pièce, mais qui me fait gerber. Dieu est une invention de l’homme qui a peur de la mort, je n’ai pas peur de la mort !

Non, ce qui m’éclate dans cette pièce, c’est le côté « fais-ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Ainsi, dans la vie de tous les jours, dans la rue, au travail, dans les palais de justice, etc. nous sommes entourés de gens comme ça, dont la vie n’est qu’un gros mensonge, mais qui nous jugent, du haut de leur moralité à la con.




Si j’étais un animal


Une « royale bête », un « nuage chaud au frais museau » comme dit Brigitte Fontaine dans sa chanson Chat.

Pour moi, les chats sont des êtres de plaisirs et de jouissance, de grâce, et à la différence des autres animaux, c’est clair, ils en sont conscients. Si vous en avez un, regarder le dormir, respirer, le poil assoupi dans le soleil et les oreilles éveillées, sentinelles. Le chat ne cède jamais, le chat est indépendant, il décide (seul) de ce qui est bon pour lui. Le chat sait, c’est tout.




Si j’étais une peinture


Un bleu Klein. Parce que c’est élitiste, beaucoup de gens passent devant un bleu Klein et ne comprennent rien.

D’abord, je trouve que cette œuvre est osée, aujourd’hui toujours, mais à l’époque recouvrir une toile de pigments bleus, c’était franchement culotté. D’autre part, ça fonctionne ! Ce bleu est magico-magnifique.

Posté (ou prostré ?) devant la toile, on la regarde, et on perçoit une profondeur, une notion d’infini, un appel du vide. C’est un peu comme si nos yeux étaient fermés, comme si nous étions en nous-mêmes, en introspection. Bref, c’est presque métaphysique. Je pense cependant que le procédé est simplissime, il suffit d’arrêter de chercher, et juste d’écouter, de sentir, de toucher du regard.




Si j’étais une bâtisse


Une chapelle romane, au milieu de la nature, dans les champs, toute simple. Tout en rondeur, chargée, symboliquement chargée. Quelques fresques sur les murs intérieurs, murs intimes de la chapelle, ou bribes de fresques devrais-je dire, effacées, comme un souvenir presque oublié.

Des vieilles pierres, des volumes et des murs ronds, épais, des découpes aux courbes généreuses pour laisser la lumière entrer. Des toitures en tuiles ocre, lavées par les siècles de soleil. Des vieilles pierres qui parlent aux gens, à nos racines, à ce que nous sommes, finalement. Qui parlent pour raconter les hommes et les femmes, les souffrances et les bonheurs, la vie.

Et surtout pas de fioritures gottiques, de mise en scènes idolâtres, pas de vitraux psychédéliques et aguicheurs. Les couleurs du ciel et de la terre me suffisent.